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Pourquoi un roman, et pas un test

Un rapport vous dit comment vous fonctionnez ; un roman vous montre un personnage en train de fonctionner. Pascal Stifani explique pourquoi SoulPrint a choisi le récit plutôt qu’un test de personnalité de plus.

Publié le · 9 min de lecture

Quand je présente SoulPrint à quelqu’un, je commence souvent par cette phrase :

Imagine une histoire dont le personnage principal porte ton prénom et te ressemble étrangement.

Certains aspects de ce personnage vont te plaire. D’autres vont t’agacer, parfois beaucoup. Tu vas le voir parler avec sa famille, interagir avec ses collègues, poursuivre ses aspirations, réagir sous pression ou prendre des décisions qui te sont familières. À travers lui, tu peux observer ta propre manière de fonctionner depuis l’extérieur.

Voilà l’idée centrale de SoulPrint : créer un roman miroir qui permet à une personne de mieux se comprendre grâce à un personnage inspiré d’elle.

Ce choix du roman est volontaire. J’aurais pu construire un test de personnalité supplémentaire, produire un rapport ou afficher une série de résultats accompagnés d’explications. Je connais bien ces formats et je les utilise dans mon activité professionnelle. Ils sont très utiles. Leur efficacité dépend simplement du contexte et de la disposition de la personne qui les reçoit.

Un rapport permet d’aller droit au but

Dans mon activité de consultant en personal branding, j’utilise régulièrement des rapports pour présenter une analyse d’archétypes à des clients professionnels. Ces clients cherchent une information précise. Ils veulent comprendre rapidement ce qui fonctionne, identifier ce qui peut évoluer, puis entreprendre les actions nécessaires.

Dans ce contexte, le rapport est un excellent outil. Il structure l’information, va droit au but et réduit le temps entre l’analyse et la décision. Une personne prête à observer ses comportements et à agir peut recevoir un constat direct, le confronter à son expérience et commencer à travailler dessus.

Je n’ai donc jamais eu un moment précis où j’aurais décidé que les rapports étaient devenus inutiles. Ils conservent toute leur valeur au bon endroit. SoulPrint répond à une autre situation.

La plupart des gens ouvrent un résultat de test avec un réflexe très naturel : ils jugent ce qu’ils lisent.

« Oui, je suis comme ça. »

« Non, ça ne me ressemble pas. »

« Je le savais déjà. »

L’information arrive dans le mental. La personne la compare immédiatement à l’image qu’elle possède déjà d’elle-même. Elle l’accepte ou la rejette. Une fois ce jugement formulé, la boucle peut se refermer. La lecture a peut-être confirmé quelque chose, sans créer une prise de conscience assez profonde pour changer la manière de se voir ou d’agir.

Comprendre une information sur soi et l’intégrer sont deux expériences différentes.

Nous avons déjà trop d’informations sur nous

Internet nous donne accès à une quantité presque illimitée d’informations. En quelques minutes, nous pouvons remplir plusieurs tests, lire des descriptions de profils, regarder des vidéos sur la psychologie, comparer des méthodes et demander à une intelligence artificielle de nous expliquer nos comportements.

Notre problème principal ressemble rarement à un manque d’informations. Notre attention est saturée.

Une nouvelle analyse peut nourrir le cerveau pendant quelques instants, puis rejoindre toutes les autres. Elle devient une donnée de plus dans un système mental déjà rempli. Pour qu’une prise de conscience s’installe, il faut parfois ralentir, quitter le réflexe d’évaluation et créer un espace dans lequel l’information peut être ressentie.

Le roman crée cet espace.

Il demande du temps. Il installe une situation, fait vivre une interaction et laisse apparaître les conséquences d’un comportement. Le lecteur suit un personnage avant de tirer une conclusion. Il rencontre ses qualités, ses contradictions et ses angles morts dans le mouvement d’une histoire.

Cette lenteur a une fonction. Elle permet à la compréhension d’arriver doucement.

Une histoire fait baisser les gardes

Un rapport dit directement : « Voici comment tu fonctionnes. »

Une histoire montre un personnage en train de fonctionner.

La différence change profondément l’expérience de lecture. Face à une affirmation sur nous-mêmes, nous pouvons nous défendre, discuter le terme choisi ou chercher une exception. Face à une scène, nous observons. Nous regardons le personnage parler, hésiter, aimer, éviter, décider ou se tromper. Nous pouvons éprouver de la tendresse pour lui, nous agacer de sa réaction ou reconnaître une situation que nous avons déjà vécue.

Le récit active les émotions autant que la réflexion. Il prend le lecteur par la main et lui permet de découvrir progressivement ce que l’histoire raconte sur lui. La prise de conscience vient alors de la reconnaissance : « Je connais cette réaction. J’aurais probablement fait la même chose. »

SoulPrint utilise cette capacité du roman pour ouvrir un autre regard sur soi. Le lecteur garde son rythme et sa liberté d’interprétation. Il peut refermer le livre, revenir sur une scène ou laisser une idée mûrir. Personne ne lui demande de se justifier.

Le premier signal est venu de Virgile

La première personne à avoir lu une histoire SoulPrint écrite à partir de son profil s’appelle Virgile. C’est un entrepreneur spécialisé dans le copywriting que j’avais rencontré peu de temps auparavant par l’intermédiaire d’un ami commun.

Nous échangions simplement sur le projet. Je lui ai proposé un premier essai construit à partir de mon analyse de ses archétypes et d’autres informations qui appartiennent à la méthode SoulPrint. J’ai ensuite utilisé l’intelligence artificielle pour transformer cette lecture en une histoire consacrée à sa manière de vivre les relations et l’amour.

Virgile a transmis le texte à sa partenaire. Elle y a reconnu son mari.

Sa réaction m’a marqué parce qu’elle apportait un regard extérieur. Virgile pouvait se reconnaître lui-même dans l’histoire, avec tout ce que cette lecture comporte de subjectif. Le fait que sa partenaire reconnaisse également sa façon d’être donnait une autre portée au résultat. Virgile m’a alors dit : « Tu tiens quelque chose. »

Ce retour a été l’un des premiers signaux forts du potentiel de SoulPrint. Il m’a poussé à investir beaucoup plus de temps et d’énergie dans le projet.

Il m’a aussi permis de comprendre plus précisément le rôle que l’intelligence artificielle pouvait jouer. Un être humain observe souvent une personne depuis un point de vue privilégié : celui d’un ami, d’un parent, d’un partenaire, d’un collègue ou d’un professionnel. Chacun voit une partie différente.

L’intelligence artificielle peut traiter plusieurs angles en même temps, croiser des informations et chercher les cohérences entre elles. Elle peut ensuite aider à transformer cette lecture en situations, en relations et en récit. Cette capacité offre une vue plus large du sujet observé.

La technologie fournit ici un nouvel outil de création et d’analyse. La qualité de SoulPrint dépend de la méthode qui guide cet outil, des informations utilisées et de la façon dont le récit est construit.

S’observer à la troisième personne

Mon parcours de coach, de thérapeute, de maître-praticien et de maître-enseignant en programmation neurolinguistique m’a souvent amené à utiliser un changement de point de vue très simple.

Lorsqu’une personne reste enfermée dans une situation, on peut lui demander d’imaginer qu’un collègue adopte exactement le même comportement. Que penserait-elle de cette personne ? Comment réagirait-elle ? Quel conseil lui donnerait-elle ?

La réponse devient souvent plus claire dès que la personne quitte mentalement la scène et l’observe de l’extérieur. Elle applique parfois aux autres une lecture qu’elle ne parvient pas encore à appliquer à elle-même.

SoulPrint transforme ce principe en expérience narrative. Le lecteur observe un personnage qui lui ressemble, sans subir directement les conséquences de ce qui arrive dans l’histoire. Cette distance lui permet de regarder autrement des comportements qui seraient plus difficiles à examiner à la première personne.

Le personnage peut lui sembler admirable dans une scène et irritant dans la suivante. Cette alternance compte. Se connaître implique de voir ce que nous aimons chez nous autant que les parties qui nous compliquent parfois la vie.

Le livre offre assez de distance pour regarder, et assez de proximité pour se reconnaître.

Un espace sans jugement

Je veux que SoulPrint reste un espace d’observation personnelle, sans verdict posé sur le lecteur.

Un test classe généralement des réponses et restitue un profil. Un accompagnement humain peut aller plus loin, surtout lorsqu’une personne souhaite être confrontée et travailler activement sur elle-même. Le coaching et la thérapie ont une valeur immense. Une grande partie de la population n’a pourtant jamais vécu une seule séance, par choix, par manque d’accès ou simplement parce qu’elle n’en ressent pas le besoin.

Un livre crée une autre porte d’entrée. Il peut être ouvert chez soi, dans le métro ou pendant un moment de calme. Il ne demande aucune réponse immédiate. Il ne regarde pas le lecteur attendre une réaction. Il lui laisse tout l’espace nécessaire pour reconnaître ce qui lui parle et laisser le reste de côté.

C’est ce que je souhaite offrir : un temps pendant lequel une personne peut rencontrer celle qui l’accompagnera toute sa vie, elle-même.

La conscience personnelle commence souvent par une observation honnête. Elle peut ensuite aider à mieux se connaître, à se comprendre, à s’aimer et à grandir avec soi.

Une technologie concrète, sans ésotérisme

Je parle parfois de la « magie » de SoulPrint. J’utilise ce mot pour décrire l’étonnement que peut provoquer une histoire lorsqu’elle semble connaître intimement son lecteur.

Cette magie repose sur une technologie nouvelle, une méthode d’analyse et un travail narratif. Elle ne repose sur aucune promesse mystique ou ésotérique. SoulPrint n’a pas vocation à proposer une élévation spirituelle ni à révéler une vérité cachée sur quelqu’un.

Le projet utilise les possibilités actuelles de l’intelligence artificielle pour créer une expérience de lecture écrite pour une seule personne. La technologie peut rapprocher des éléments, varier les points de vue et soutenir la construction d’un récit cohérent. La méthode SoulPrint encadre ce travail pour produire une histoire qui parle à une personne précise.

Je refuse également que le projet devienne un test de personnalité de plus. Son ambition se trouve dans l’expérience vécue pendant la lecture, pas dans une étiquette ou un score.

La raison d’être de SoulPrint

Les réseaux sociaux nous exposent chaque jour à la vie, au travail, au corps et aux réussites de personnes situées partout dans le monde. Autrefois, nos comparaisons se limitaient davantage aux gens de notre famille, de notre quartier, de notre village ou de notre ville. Aujourd’hui, elles peuvent être permanentes et mondiales.

Les conversations sur la santé mentale et le bien-être ont pris de l’importance dans ce contexte. Nous disposons de nombreux outils pour nous comparer aux autres, et de trop peu de moments pour nous observer avec calme.

SoulPrint veut créer l’un de ces moments.

Mon ambition de fondateur rejoint ici mon expérience de coach et de thérapeute : permettre au plus grand nombre de gagner un peu en conscience personnelle. Le roman miroir rend cette démarche accessible sous une forme familière. Le lecteur entre dans une histoire. Il rencontre un personnage. Puis, scène après scène, il réalise qu’il est aussi en train de se rencontrer lui-même.

SoulPrint est une histoire dont le personnage principal porte votre prénom, vous ressemble et vous permet de vous observer à la troisième personne. Vous pouvez aimer certaines de ses réactions, être agacé par d’autres et reconnaître dans ses expériences une partie de votre propre vie.

Le livre ne prononce aucun verdict. Il vous tend un miroir narratif et vous laisse le temps de regarder.